La sociologue Florence Ihaddadene vient de publier Promesse d’embauche aux éditions La Dispute. Dans ce livre, elle analyse les politiques publiques qui, prétendant favoriser l’obtention d’un emploi, créent un espoir chez les jeunes mais visent en réalité à les rendre « disponibles, dépendant-es et dociles » et participent à la « flexibilisation » du marché du travail. Nous en publions ici un extrait, qui porte sur les politiques dites d’ « activation ».
Au début des années 2000, dans un contexte de réduction des coûts des services publics et de promotion de la notion d’accompagnement des demandeur·ses d’emploi, vont se développer des politiques dites d’activation en lieu et place ou en complément des politiques d’insertion. La notion d’activation porte alors à la fois l’idée d’une restructuration des systèmes de protection sociale pour réduire la dépense publique et celle d’une réduction du coût du travail.
Ce nouveau cadre paradigmatique, européen mais aussi spécifique au contexte national, vise notamment à conditionner les allocations de chômage à un suivi et à un contrôle de la recherche d’emploi[1]. Il suppose alors une responsabilité de la personne privée d’emploi dans sa propre insertion. Comme le résume la sociologue Isabelle Astier :
« Bénéficier de la solidarité collective doit s’échanger contre un comportement bien particulier : s’activer. S’activer consiste à apporter les preuves que l’on veut s’en sortir par soi-même et à partir de soi-même[2]. »
Ces politiques d’activation s’incarnent d’abord en France par le Revenu de solidarité active (RSA) en 2008 et par le suivi individuel mis en place en 2013 par le service public de l’emploi, mais aussi, plus spécifiquement pour les jeunes, par les récents dispositifs d’incitation…
Auteur: redaction

