Après la publication très remarquée de l’incroyable enquête Q comme qomplot, Comment les fantasmes de complots défendent le système (voir notre interview ici), le collectif italien Wu Ming revient dans les bacs avec Ovni 78 aux éditions Libertalia. Nous en publions ici la postface de Serge Quadruppani qui introduit ce livre décapant et passionnant en le réinscrivant dans l’histoire insurrectionnelle italienne et son écrasement par l’État. Bonne lecture.
Un auteur collectif italien au pseudonyme chinois, qui publie depuis vingt-cinq ans ce qu’il appelle des Objets narratifs non identifiés ? Mais dans quel rayon classer ses ouvrages ? Est-ce de la littérature de genre ou bien générale ? Et comment se fait-il qu’il n’y ait nulle part dans le monde digital de photos des membres du groupe, alors qu’ils sont toujours disponibles pour des rencontres dans la vie réelle ? Et que leurs productions soient en accès libre sur le Net mais leurs incarnations de papier en vente en librairie, best-sellers en Italie et dans divers pays européens ? On comprend le désarroi de certains, au pays de Descartes et des digicodes, devant tant de complexité.
Pour aider à comprendre, peut-être faut-il partir d’une constatation socio-historique. Depuis des années, toute personne qui s’intéressait à l’Italie au XXIe siècle, pourvu qu’elle fît preuve d’un optimisme déraisonnable en accordant encore un contenu émancipatoire au signifiant « gauche », pouvait à bon droit se poser la question : qu’est-ce ce qui reste de gauche dans ce pays ? La réponse était vite trouvée : quelques rares auteurs et éditeurs, quelques blogs, les centres sociaux, la lutte des No-Tav dans la vallée de Suse… et Wu Ming. Situation qu’on ne peut comprendre qu’avec un long zoom arrière.
Résumé des épisodes précédents
Du milieu des années 1960 à l’aube des années 1980, une partie de plus en plus importante de la population…
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Auteur: dev

