En bref
par Sophie Eustache, vendredi 21 octobre 2022
Le 14 octobre, l’ancien dessinateur du Monde Xavier Gorce était l’invité de l’émission « Un monde, un regard », sur Public Sénat. L’occasion pour lui de revenir sur son éviction du Monde, suite à un dessin sur l’inceste, et de fustiger un journalisme engagé qui induirait « un biais dans la façon de voir le réel et d’en rendre compte ».
Le dessinateur de presse Xavier Gorce, qui s’était illustré pour ses dessins sur les Gilets jaunes a eu le loisir d’exprimer sa vision du journalisme lors d’un entretien sur Public Sénat (14/10) et de dénoncer la régression de la liberté d’expression. À l’heure où la concentration des médias se durcit et les procès-bâillons se multiplient ? Non, à l’heure « d’une sorte de tyrannie à la fois de l’identité et du ressenti. »
Dans cet échange, Gorce fait une présentation très simpliste du journalisme en estimant qu’aujourd’hui deux conceptions s’opposent, avec d’un côté « des journalistes qui sont conscientisés, qui estiment que le travail du journaliste est de combattre certaines inégalités, certaines injustices » et de l’autre « une génération de journalistes dont le cœur du métier était de rapporter les faits, la réalité ». Pour le dessinateur, la « volonté de combat, de justicier, introduit un biais dans la façon de voir d’abord le réel, et ensuite d’en rendre compte ».
Le dessinateur non engagé revient aussi sur son… « combat » contre les Gilets jaunes :
Rebecca Fitoussi : Ceux-là non plus vous les aimez pas beaucoup, vous les avez pas épargnés les Gilets jaunes. Je vais juste rappeler ce dessin que Le Monde a refusé de publier à cause d’un risque d’injure mais que vous avez quand même posté sur votre compte Twitter : « C’est pratique cette auto-signalisation des troupeaux d’abrutis » et dans un autre dessin vous allez jusqu’à les traiter quasiment de nazis. Pourquoi avoir passé des mois à les critiquer, vous avez senti, peut-être même avant les autres, que c’est un groupe qui allait dériver ou vous avez généralisé ?
Xavier Gorce : Dès le départ j’ai trouvé qu’il y avait des relents fascistes dans ce mouvement-là, les choses qui m’ont choqué c’était de voir des gens qui sur des ronds-points arrêtaient des voitures et demandaient aux automobilistes d’exhiber un gilet jaune, de le poser sur leur tableau de bord, sinon ils passaient pas. Donc cette façon…
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Auteur: Sophie Eustache Acrimed

