L’ESSENTIEL
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Il y a en moyenne cinq fois plus de bois mort dans les forêts françaises aujourd’hui qu’il y a vingt ans.
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La nécromasse est souvent accusée de provoquer des fléaux tels que des incendies ou des épidémies. C’est infondé.
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Le bois mort est, au contraire, fondamental à l’écosystème forestier et un indicateur de la biodiversité des forêts.
Les épisodes caniculaires, les sécheresses successives, les attaques parasitaires, les tempêtes sont en partie à l’origine de l’augmentation de la quantité de bois mort dans les forêts de l’Hexagone. Selon l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), son volume moyen a été multiplié par cinq en vingt ans, passant de 5 mètres cubes par hectare à 25 mètres cubes par hectare (m3/ha).
Face à cette réalité, on peut entendre une petite musique monter : le bois mort serait un fléau tant il encombrerait les parcelles, qui seraient à cause de lui mal entretenues, plus inflammables, plus propices à la propagation de ravageurs… Ainsi présenté, le bois mort ne serait que problème. Tâchons d’y voir plus clair.
Le bois mort : une composante primordiale des forêts
Commençons par un constat paradoxal : le bois mort est plein de vie.
Une multitude d’espèces spécialisées dépendent de caractéristiques forestières particulières, résultant du vieillissement – appelé sénescence en botanique – puis de la mort des arbres.
En pleine possession de ses moyens, un arbre vivant protège son tronc, ses branches et ses racines des insectes, des champignons et des pathogènes par les barrières physiques et chimiques que constituent l’écorce et des molécules complexes que sont tannins, résines et latex.
Mais lorsqu’il est affaibli en raison d’une perturbation ou d’un stress ou bien parce qu’il vieillit naturellement, ces défenses s’amenuisent et vont permettre à des myriades d’organismes de s’immiscer…
Auteur: Damien Marage, Géographe et écologue, Professeur des Universités, Université Marie et Louis Pasteur (UMLP)
