Si les récents propos du leader de la gauche sioniste, Yaïr Golan, qui a critiqué de façon très virulente la conduite de la guerre à Gaza, participent à créer des brèches dans une union militariste à laquelle il a abondamment contribué, les réactions suscitées par ses déclarations disent aussi beaucoup de la réalité d’une société qui consent très majoritairement à la politique conduite à l’encontre des Palestiniens.
« Un pays sain ne fait pas la guerre à des civils, n’a pas pour hobby de tuer des bébés, ne se fixe pas pour objectif d’expulser des populations. »
C’est ce qu’a déclaré Yaïr Golan, le leader du parti de gauche sioniste Les Démocrates (HaDemocratim), le 20 mai dernier à la radio publique israélienne. Il a ajouté qu’Israël serait « en passe de devenir un État paria ». Ces propos ont été immédiatement condamnés par Benyamin Nétanyahou, qui a dénoncé la « décadence morale » de Golan et qualifié ces déclarations de « calomnies antisémites ».
Deux jours plus tard, Golan surenchérissait : après l’assassinat de deux employés de l’ambassade d’Israël à Washington, il a accusé le premier ministre israélien d’alimenter « l’antisémitisme et la haine envers Israël […], mettant en danger chaque Juif à travers le monde ». Toutefois, face au tollé suscité, il a rétropédalé quelques jours plus tard sur Channel 12, affirmant notamment qu’« Israël ne commet pas de crimes de guerre à Gaza » et que sa prise de parole ne visait qu’à « sauver l’image de l’État d’Israël ».
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Auteur: Thomas Vescovi, Doctorant en sciences politiques dans le cadre d’une co-tutelle entre l’ULB et l’EHESS, Université Libre de Bruxelles (ULB)

