Cher Yann Barthès, enfin plutôt – parce qu’on ne se connaît pas et que tu ne m’es pas « cher » du tout – Yann Barthès, cela fait bien longtemps que tu n’es plus drôle. Qu’il est loin le temps des micros du Petit Journal, perchés dans la foule pour capter la petite phrase ou enquiquiner un·e élu·e sur ses contradictions. Cela fait bien longtemps, aussi, que Quotidien n’a plus aucune saveur. Les Américain·es aiment peut-être l’émission pour ses « jolies lumières », mais les Français·es savent depuis longtemps qu’elle n’est qu’une publicité géante pour les productions TF1 et autres blockbusters, quand elle ne sert pas de machine à laver la réputation des puissants (PPDA, 2021). Bref, Yann : ça fait un bail que tu n’es plus ni cool, ni drôle, ni irrévérencieux.
C’est bien connu : l’homme le plus riche de France vit dans un deux-pièces mal isolé, et tous les ministres du gouvernement Macron sont ses voisins de palier !
Mais le 24 juin, tu t’es quand même surpassé. En chemise manches longues sur le plateau climatisé de ton émission qui ne fait rire que les CSP+ fans de Raphaël Glucksmann, tu t’es lancé dans ta chronique habituelle avec une affirmation intéressante : la canicule qui fait suffoquer la France entière depuis dix jours, dis-tu, est « un événement universel » dans lequel « on est tous logés à la même enseigne ». « Si vous croisez Bernard Arnault, il aura chaud », as-tu déclaré. « Un ministre, il aura aussi chaud que vous ou que votre voisin du dessus ou du dessous. »
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Auteur: Pauline Bock

