Yémen : plus de 300 000 nouveaux déplacés et la troisième ville du pays coupée du monde

Une nouvelle catastrophe humanitaire est en cours au Yémen, un pays déjà ravagé par plus d’une décennie de guerre civile. À Taëz, troisième ville yéménite dans le Sud-Ouest, les routes sont fermées, les marchandises ne passent plus et les hôpitaux commencent à manquer de tout. Les combats qui encerclent la ville ont fait tripler, voire quintupler, le prix des produits de première nécessité. Pour les habitants qui n’ont pas fui, se nourrir devient un luxe. Se soigner, un parcours d’obstacles.

L’alerte, lancée dimanche par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), donne la mesure d’une crise qui s’aggrave rapidement. Plus de 300 000 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer dans l’ouest du pays, presque toutes depuis le début septembre. Un nouvel exode qui vient grossir les rangs des 5,2 millions de personnes déjà déplacées dans ce pays d’environ 42 millions d’habitants.

« Après des années de conflit, les familles yéménites sont de nouveau contraintes de fuir, souvent avec pour seuls biens les vêtements qu’elles portent », a déclaré Abdusattor Esoev, chef de mission de l’OIM au Yémen. « Elles ont un besoin urgent d’abris, de nourriture, d’eau potable et de soins de santé ». 

L’escalade entre les revelles houthistes, soutenus par l’Iran, et le gouvernement internationalement reconnu basé à Aden, dans le Sud-Ouest, a débuté au mois de septembre, mettant fin au calme relatif instauré par une trêve en 2022. Sans financements supplémentaires, l’OIM a indiqué que des milliers de familles risquent d’être privées d’une aide vitale.

© Human Access / Ahmed Ameen
Le site de déplacés d’Al-Firdaws dans le gouvernorat d’Aden, au Yémen.

Taëz, une ville à court de tout

La situation est particulièrement critique à Taëz, où les combats ont coupé l’ensemble…

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Auteur: Nations Unies FR