Le violoniste de jazz Yves Teicher disparaissait en avril dernier. Trois ans plus tôt, nous évoquions sonrapport à l’œuvre de Rimbaud et sa mise en musique d’Une saison en enfer. Aujourd’hui c’est un livre de lui qui est rendu public, intitulé J’ai dans le sang (éditions L’Harmattan). Car Yves Teicher était poète autant que musicien. Lundimatin vous livre les bonnes feuilles de ce recueil, avec, en guise d’introduction, quelques lignes du témoignage de son fils Nathanaël, et un extrait de la préface de Georges Boukoff, comédien et musicien, fidèle comparse d’Yves Teicher.
« Avant de nous quitter, il entreprit un mois auparavant un voyage décisif à Paris pour travailler et éditer son recueil. Initialement, mon père avait réuni depuis quelques années certains de ses textes sous le titre « Belvédère », en référence au lieu d’où l’on peut apercevoir l’ensemble de sa Liège natale. Avec le soutien de son indéfectible ami et frère de cœur Georges Boukoff, ils choisirent de proposer davantage de textes recueillis alors sous le titre « J’ai dans le sang ». »
Nathanaël Teicher
« [Yves] savait être comédien, poète, violoniste, chanteur, sur les trottoirs comme dans de prestigieuses salles de concert. Jouer en faisant la manche ou sur scène avec orchestre ne changeait pas son rapport au public qui était viscéral. Trouver une langue neuve, un langage rédempteur pour l’offrir à tous, passe par le don d’une existence, et parfois son sacrifice ! Oh ! Ils ne sont pas toujours tristes et tragiques ces écrivains maudits qui remplissent nos manuels de littérature ! Ils se ressemblent en étant si différents ! Ils s’émerveillent plus que quiconque, voyagent dans des contrées hostiles, dérivent sur des mers inconnues, hantent des continents déserts, murmurent leurs rêves, sifflotent leurs symphonies, chantonnent leurs mots et hurlent leurs incantations à des femmes amoureuses qui les écoutent en souriant !
[…]
Après l’ultime spectacle que nous fîmes ensemble et qui fut son dernier, le 26 mars 2022 à Paris, autour de ses poèmes et ceux de Rimbaud, alors qu’on travaillait sur ce recueil pour le remettre à l’éditeur, Yves s’est éteint, emportant la flamme dont le feu l’avait si longtemps consumé. Elle me reste dans les mains, le cœur, les tripes, et attise mon désir qu’elle nous éclaire à jamais. On n’épuise pas les forces et les richesses de la fureur d’aimer ! »
Georges Boukoff
Yves Teicher, J’ai dans le sang (extraits)
J’ai dans…
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Auteur: lundimatin

