Cet entretien a initialement été publié dans le magazine Wave Radio, que vous pourrez retrouver dans sa version digitale gratuite en cliquant ici. La Relève et La Peste collabore depuis plusieurs années à sa rubrique Environnement.
Après Titeuf, qu’est-ce qui vous a poussé à explorer des récits plus adultes, centrés sur les enjeux environnementaux ?
J’abordais déjà ces thèmes dans Titeuf car ils s’imposent naturellement à un auteur. Même en fiction, on reste lié à l’époque dans laquelle on vit, influencé par le contexte social. L’idée, c’était de montrer les préoccupations actuelles à travers le regard d’un enfant, avec une approche plus légère et rassurante.
En vieillissant, j’ai eu envie de parler de choses plus graves, plus adultes. J’aime la science-fiction, l’anticipation : c’est une excellente façon de questionner le présent. Imaginer le futur, c’est réfléchir aux enjeux d’aujourd’hui et à ce qu’ils peuvent produire.
C’est ça, le rôle de la science-fiction : proposer des hypothèses, alerter parfois, et nous faire penser à la société qu’on construit.
Zep @ Valérie Martinez, 2022
Avec des récits plus réalistes et engagés comme « The End » ou « Ce que nous sommes », vous avez pris un tournant. Comment a-t-il été perçu par vos éditeurs, le public et les médias ?
Ce tournant s’est fait en douceur. J’avais déjà en tête des récits plus réalistes, que je notais dans des carnets sans vraiment les revendiquer. Je me voyais surtout comme un auteur d’humour, une posture que j’avais adoptée dès l’enfance pour faire face à une certaine inquiétude face au monde.
L’humour était une façon de tenir à distance l’angoisse. Puis, avec le temps, cette peur s’est estompée.
J’ai commencé à regarder le monde avec plus de recul, parfois même d’émerveillement, malgré la conscience aiguë des menaces qui pèsent sur lui. Ce regard plus mature m’a…
Auteur: La Relève et La Peste

