Une information de plus en plus abondante, mais de moins en moins lisible. Jamais les citoyens n’ont eu accès à autant d’informations. Pourtant, jamais la frontière entre information, opinion, divertissement, publicité et communication n’a semblé aussi floue. C’est ce constat qui a conduit la commission de la culture du Sénat à lancer, il y a six mois, une mission d’information sur les « zones grises de l’information dans l’espace numérique ». Le rapport, présenté le 9 juillet par Laurent Lafon (Union centriste), Agnès Evren (Les Républicains) et Sylvie Robert (Parti socialiste), formule 56 recommandations et dresse le portrait d’un paysage médiatique profondément bouleversé par les plateformes numériques, les créateurs de contenus et l’intelligence artificielle.
Selon une étude de l’Institut Reuters publiée le 16 juin et menée auprès de 100 000 personnes dans 48 pays, le public s’informe désormais davantage via Facebook, YouTube ou TikTok que par les médias traditionnels. Une évolution qui fragilise encore davantage un secteur déjà confronté à une crise économique majeure. « Ce que nous avons à vous présenter aujourd’hui ne concerne pas seulement les journalistes, les chercheurs ou les responsables politiques. Cela concerne chaque citoyen qui, tous les matins, ouvre son téléphone pour savoir ce qu’il passe dans le monde », a souligné Laurent Lafon. Pour les sénateurs, l’enjeu dépasse…
Auteur: Emma Bador-Fritche

