C’est un champ d’études qui s’est retrouvé sous les feux des projecteurs durant la pandémie de Covid-19. Celui de l’écologie de la santé. Une discipline qui sonde les liens entre la santé des écosystèmes et celle des êtres humains, qui interroge les relations que l’on peut tisser entre l’état de la biodiversité et l’émergence de pathogènes.
Cinq ans après les premiers confinements, quel bilan tirer de cette situation sans précédent ? Et surtout, comment éviter la propagation de zoonoses ?
Entretien avec Julien Cappelle, écologue de la santé au Cirad, coordinateur du projet BCOMING qui déploie sur trois continents des recherches sur les stratégies à développer pour éviter de nouvelles pandémies.
En tant qu’écologue de la santé, vous avez vu votre domaine de recherche devenir un sujet mondial d’intérêt et d’inquiétudes. Quel en a été l’impact pour vous ?
Julien Cappelle De manière tout à fait personnelle, ma famille a bien mieux compris mon travail et pourquoi j’allais par exemple au Cambodge capturer des chauves-souris et d’autres animaux sauvages pour les étudier. Les médias généralistes nous ont également sollicités. L’ampleur du Covid était inédite, mais la temporalité des crises est en fait celle que je connais depuis que j’ai commencé la recherche. J’ai débuté ma thèse sur la grippe aviaire en 2007 suite à la crise du H5N1 en 2005-2006, période de la première émergence hors d’Asie de cette zoonose qui, on le voit aujourd’hui, 20 ans plus tard, est toujours un problème central. J’ai ensuite continué dans des projets consacrés à Ebola après l’émergence de ce virus en 2014, en Afrique de l’Ouest. J’ai également travaillé sur les coronavirus dus au SRAS, et sur les chauves-souris de manière générale.
Si l’émergence de ces virus successifs influe sur vos sujets d’études et ceux de vos collègues, quelle part de la recherche est…
Auteur: Julien Cappelle, Écologue de la Santé, Cirad

